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PORTRAIT RFI • Catherine Chabaud : de l’océan au Parlement

RFI - 03/07/2019

Retrouvez l'interview sur RFI.

D’une passion elle a fait un engagement. Première femme à avoir fait le tour du monde à la voile en solitaire et sans escale, Catherine Chabaud est devenue députée européenne sur la liste la majorité présidentielle française. Elle s’est donnée un mandat : faire entendre la voix de l’océan dans l’Hémicycle. Premier épisode d’une série de portraits de personnalités françaises qui font leur entrée au Parlement européen le 2 juillet.

« Députée européenne ». Cet ajout sur le curriculum vitæ de Catherine Chabaud pourrait presque passer inaperçu sur un document déjà bien fourni. Extraits : deux participations au Vendée-Globe, douze traversées de l’Atlantique, quatre livres, quatre documentaires, membre du Conseil économique social et environnemental, déléguée à la Mer et au littoral au ministère de la Transition écologique, ou encore initiatrice de l’appel pour faire de l’océan un bien commun de l’humanité. « J’ai eu plusieurs vies dans une vie », sourit-elle. Avec un fil rouge : l’océan et sa préservation. Cet itinéraire l’a conduit à 56 ans à faire son entrée au Parlement européen, où elle a été élue le 26 mai sur la liste « Renaissance » de la majorité présidentielle française.

L’Europe, elle la découvre par la mer dans les années 1980. La jeune navigatrice, journaliste de formation, participe à plusieurs reprises au « Tour de l’Europe ». « On battait pavillon européen et à la fin, on ne recevait pas de coupes, mais des écus, avant même l’euro ! » se souvient-elle. Dès son premier Vendée Globe en 1996 (dont elle fut la première femme à le réussir), elle s’alarme de la présence des déchets flottant sur les océans. Le déclic de son engagement à venir. Il est d’abord « de terrain », avec la construction d’un « bateau éco-innovant ». Il devient ensuite plus politique.

« Catherine Chabaud est une bienveillante de l’humanité », loue l’ancien ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo qui lui a mis le pied à l’étrier en lui confiant une mission sur le nautisme en 2008. Sur sa route, la navigatrice croise ensuite dans ce même ministère la socialiste Ségolène Royal. Mais c’est une autre femme qui lui fait franchir le pas. En 2014, elle rencontre et sympathise avec Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou. La vice-présidente du Modem partage son intérêt pour les enjeux maritimes. Marielle de Sarnez invite Catherine Chabaud dans des colloques et aux universités d’été du parti centriste (allié à Emmanuel Macron). Il y a un an, elle lui propose d’être candidate aux élections européennes, et convainc les Marcheurs de la faire figurer sur la liste. À la cinquième place, elle en était l’une des têtes d’affiche.

Depuis son élection, la « Bretonne de cœur » - installée en Anjou découvre le marigot bruxellois. Et déchante déjà un peu : « Aucune commission parlementaire ne porte une vision globale des enjeux de protection des océans, soupire-t-elle, le Parlement n’est pas formaté pour cela alors que l’Europe, c’est 25 millions de kilomètres carrés de mer pour à peine 4 millions de terre. » En clair, chacun traite dans son coin des problèmes liés à la mer, sans aucune transversalité ni ambition, ce à quoi elle s’est déjà heurtée en France.

Mais sa marraine Marielle de Sarnez entend bien l’aider à bousculer le Parlement. « Il faut essayer de changer les choses de l’intérieur et je compte sur elle pour cela », appuie l’océanographe et chercheuse au CNRS Françoise Gaill. Elle mise sur « l'énergie farouche » et la « franchise » de son amie. « C’est une femme de tempérament, surtout qu’elle ne change rien ! », renchérit Marielle de Sarnez.

« Je n’ai jamais eu de casquette politique, je ne sais pas comment je vais vivre la chose politique », s’interroge Catherine Chabaud à la veille de la première session parlementaire à Strasbourg. La nouvelle élue a intégré, comme tous les macronistes, le groupe politique libéral du Parlement, rebaptisé Renew Europe. Politiquement, elle se sent proche du centre et même si libéralisme et développement durable ne riment souvent pas ensemble, elle se dit déterminée à « faire entrer les gens en transition ». Votera-t-elle toujours en fonction de la position de son groupe ? « Je resterai une femme libre », prévient déjà celle qui chérit toujours la mer, sur un voilier et parfois avec un masque de plongée. Son compagnon vient de rénover le bateau de son premier Vendée Globe.


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