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Le Parlement européen vote la décarbonation du transport maritime et son entrée dans le marché du carbone

Aujourd’hui, le Parlement européen a adopté à une large majorité (520 voix) le rapport sur le système de collecte des données relatives à la consommation de CO2 des navires. Derrière ce titre technique se cache en réalité une avancée majeure pour accélérer la décarbonation du transport maritime.

Alors qu’il représente 13% des émissions liées aux transports dans l’Union européenne, et que les émissions maritimes mondiales devraient augmenter de 50% à 250% d’ici 2050, le transport maritime n’est pas intégré au système d’échange de quotas d’émissions de CO2.

« Il est normal que le transport maritime participe à l’effort collectif pour atteindre les objectifs climatiques européens ! La transition écologique et énergétique des activités maritimes est un sujet qui m’est cher depuis de nombreuses années et que je porte en tant qu’eurodéputée depuis le début de mon mandat », déclare Catherine Chabaud, rapporteure fictive pour la commission de l’Environnement.

« Nous nous sommes assurés que ces avancées écologiques pour le transport maritime ne se fasse pas au détriment de la compétitivité européenne au niveau mondiale, une étude d’impact est en cours », rassure Pierre Karleskind, rapporteur fictif pour la commission du transport et du tourisme.

A l’issue d’un an de travail et de négociation, le Parlement européen a donc adopté des mesures concrètes pour réduire les émissions dont :

  1. L’inclusion du transport maritime dans le système d’échange de quotas d’émission (ETS), pour les navires de plus de 5 000 tonnes ;
  2. La mise en place d’un objectif de 40% de réduction d’émission de CO2 d’ici 2030 ;
  3. La création d’un fonds Océan, proposé par Catherine Chabaud, pour la période de 2023 à 2030, financé par au moins 50% des revenus des quotas ETS maritime, pour aider au déploiement de nouvelles technologies décarbonée. « Il était essentiel de lier les efforts de réduction des émissions à un effort global de conservation des écosystèmes marins », explique l’Eurodéputée ; 20% des revenus du fonds iraient ainsi à la protection, la restauration et la gestion des écosystèmes marins impactés par le changement climatique.

« L’objectif n’est évidemment pas de sanctionner le secteur - très impacté par la crise sanitaire - mais bien d’accompagner sa transition au travers d’un cadre règlementaire clair : l’avenir est vers le déploiement de navires et ports zéro émission, et la création du fonds Océan va contribuer à porter cette ambition au sein de l’industrie navale européenne », précisent Catherine Chabaud et Pierre Karleskind. Ils soulignent par ailleurs, que le plan européen de relance industrielle doit intégrer le secteur maritime, et plus encore permettre à l’Union européenne de prendre le leadership dans la construction, la rénovation et le démantèlement de navires éco-conçus, tout en promouvant les solutions transnationales.

Catherine Chabaud se félicite notamment d’avoir proposé un label européen pour les navires plus verts et les produits qu’ils transportent - notamment afin de sensibiliser les consommateurs et de promouvoir l’engagement des armateurs, et l’élargissement des zones de contrôle des émissions, dans toutes les mers européennes afin de réduire les émissions d’oxydes de soufre (SOx) et d’oxyde d’azote (NOx).

Tant d’ambition poussée par une conviction : « l’océan est notre bien commun et nous devons le protéger. Mon expérience de navigatrice, m’a convaincu que les mesures opérationnelles comme la réduction de la vitesse et les mesures innovantes telles que les compléments de propulsion vélique, les nouveaux carburants et les branchements à quais, peuvent réduire les impacts sur le changement climatique, la biodiversité et la santé de tous les citoyens, il est donc nécessaire de les développer à grande échelle ».